La Désobéissance Civile d’Henry David Thoreau

La Désobéissance Civile est, avec le Discours sur la servitude volontaire de La Boétie, un texte fondateur du concept de désobéissance civile.

Couverture du livre la Désobéissance civile de Henry David Thoreau

Qui est Henry David Thoreau ?

Henri David Thoreau est un philosophe et poète américain qui nait en 1817 à Concord, MA, aux États-Unis. Il rentre à Harvard en 1833 pour étudier la rhétorique, la philosophie et les sciences. En 1954, il publie son œuvre majeure, Walden, qui constitue un des livres de référence de la pensée écologique. Il décède en 1862 de la tuberculose à l’âge de 44 ans. 

La Désobéissance Civile d’Henry David Thoreau

Le meilleur gouvernement est le gouvernement qui gouverne le moins

C’est par cette phrase un brin provocatrice que notre philosophe américain démarre son essai sur la désobéissance civile.

C’est dans un contexte particulier que Henry David Thoreau rédige son manifeste qu’il publie en 1849. La guerre oppose les États-Unis et le Mexique entre 1846 et 1848 et le gouvernement américain lève l’impôt pour financer le conflit. Cette occasion motive chez Thoreau l’écriture de ce texte. 

Voyez l’actuelle guerre mexicaine : elle est l’œuvre d’un nombre relativement réduit d’individus utilisant le gouvernement permanent comme leur outil ; le peuple, au départ, n’aurait pas consenti à cette action. 

Il n’a pas de mot assez durs contre le gouvernement américain qui jouerait contre les individus, les entreprises et même la liberté :

Notre gouvernement n’a jamais de lui-même fait avancer aucune entreprise, sinon en s’effaçant diligemment. Ce n’est pas lui qui assure la liberté du pays. Ce n’est pas lui qui civilise l’Ouest. Ce n’est pas lui qui éduque. 

Le gouvernement transforme les hommes en machine sans conscience

Si le gouvernement est aussi méprisable, c’est qu’il transforme la masse des hommes qui le servent en machines sans conscience :

Ils sont l’armée permanente et ils sont la milice, ils sont les geôliers, les gendarmes, les citoyens nommés représentants des forces de l’ordre, etc. […] De tels hommes ne méritent pas plus de respect que des hommes de paille ou bien une motte de terre. Ils ne valent pas plus, et pas moins, que les chevaux et les chiens.

Quelques rares hommes font acte de résistance face à l’État :

Les héros, les patriotes, les martyrs, les réformateurs au sens noble du terme, et les hommes servent l’État aussi avec leur conscience, et passent de ce fait le plus clair de leur temps à résister à l’État, qui les traite donc fréquemment en ennemis.

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Le fonctionnaire est un fou et un fauteur de troubles à l'ordre public

Thoreau éprouve une réelle détestation pour son gouvernement et le personnel qui a décidé de le servir. 

Je rencontre le gouvernement américain, ou son représentant, le gouvernement de l’État, directement, en face par an – pas plus – en la personne de son collecteur d’impôts. C’est là l’unique modalité sous laquelle un homme dans ma position rencontre nécessairement le gouvernement. 

Pour Thoreau, cet homme qui choisi volontairement d’être un agent du gouvernement est un fou et un fauteur de troubles à l’ordre public. Il appelle tous les fonctionnaires à ne plus servir cet État esclavagiste.  

La prison, le seul endroit pour les hommes justes

Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, c’est en prison que l’homme juste est à sa juste place. Aujourd’hui, la place qui convient, la seule place que le Massachusetts offre à ses esprits les plus libres et les moins découragés, se trouve dans ses prisons, afin qu’ils y soient exclus de l’État par l’action de l’État lui-même.

L’auteur en fera d’ailleurs l’expérience en refusant de payer six années de suite la Poll Tax :

Il y a quelques années de cela, l’État est venu me voir au nom de l’Église, et m’a ordonnée de payer une certaine somme en vue de l’entretien d’un pasteur aux prêches duquel, contrairement à mon père, je n’assistais jamais. « Payez, dit l’État, ou allez en prison. » J’ai refusé de payer […] On m’a mis en prison pour cela, une fois, pour une nuit. 

Cette expérience nourrie sa détestation de l’État, dont la vanité le traitait comme si il n’était fait que de chair, d’os et de sang qu’on pouvait enfermer. Et si l’homme réellement libre était finalement à l’intérieur de la prison ?

Plus il y a de l'argent, moins il y a de vertu

Thoreau est également très critique face à l’argent qui effondre le socle moral des personnes riches, toujours vendu à l’institution qui les rend riches:

La meilleure chose qu’un homme puisse faire pour sa culture lorsqu’il est riche est de s’efforcer de mener à bien les projets qu’il nourrissait lorsqu’il était pauvre. 

"En réalité, je déclare modestement la guerre à l'État."

Je n’ai jamais refusé de payer l’impôt pour la voirie, car je suis aussi désireux d’être un bon voisin que je lui suis d’être un mauvais sujet. En ce qui concerne le soutien aux écoles, je fais déjà ma part pour éduquer mes concitoyens. Si je refuse de payer mes impôts, ce n’est à cause d’aucun poste de dépense particulier. Je souhaite seulement refuser de faire allégeance à l’État – me désister, prendre mes distances de manière très concrète. 

En réalité, je déclare modestement la guerre à l’État.

Il ne pourra y avoir d’État réellement libre et éclairé que lorsque l’État reconnaîtra l’individu comme une puissance supérieure et indépendante, d’où dérivent intégralement ses propres puissance et autorité, et qu’il le traitera conformément à ce statut. 

Mon avis sur la Désobéissance civile de Henry David Thoreau

En résumé, la Désobéissance civile de Henry David Thoreau est un petit manifeste (47 pages, éditions Totem) puissant qui offre une réflexion profonde sur la liberté individuelle et le rôle de l’État dans nos vies. Il souligne l’importance de l’engagement personnel et encourage les citoyens à agir, quitte à défier l’autorité. 

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